Un acronyme revient souvent dans les cercles de la coopération internationale : RRMA. Mais que recouvre-t-il vraiment ? Un Réseau Régional Multi-Acteurs (RRMA) désigne un dispositif régional de concertation dédié à la coopération internationale et à la solidarité internationale.

Le modèle naît en métropole dans les années 1990. Il essaime ensuite jusqu’en outre-mer. Aujourd’hui, seize RRMA maillent le territoire français, de la Bretagne à La Réunion, en passant par la Guadeloupe, la Guyane et Mayotte. Tous sont fédérés au niveau national par la CIRRMA, la Conférence Inter-Régionale des RRMA.
Une image résume pourtant mieux leur rôle que la définition institutionnelle : celle du pont. Un pont entre acteurs d’un même territoire. Un pont, aussi, vers l’extérieur, la Caraïbe, le plateau des Guyanes, l’Afrique de l’Ouest, l’océan Indien et au bien d’autres territoires.
Un RRMA, le réseau Guyacoop en est un exemple éloquent, n’est ni une administration ni une association parmi d’autres. C’est un espace d’échange, d’appui et de concertation.
D’abord, il identifie les acteurs engagés à l’international sur son territoire : collectivités, associations, établissements scolaires, universités, entreprises. Ensuite, il les accompagne. Un porteur de projet cherche un financement ? Le RRMA l’oriente vers les bons dispositifs, qu’il s’agisse du Fonds Citoyen Franco-Allemand, d’Interreg Amazonie ou des appels à projets du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères (MEAE).
Une commune veut construire un partenariat avec une collectivité étrangère ? Le RRMA facilite la mise en relation. En clair, ces réseaux jouent un rôle de facilitateur territorial. Ils ne se substituent jamais aux acteurs eux-mêmes : c’est le principe de subsidiarité, commun à tous les RRMA français.
Plus simplement, qui peut solliciter un RRMA ? La réponse est large. Une commune, une association de jeunesse, une école, une entreprise ou même un citoyen engagé peuvent frapper à la porte.
En Guyane, le réseau Guyacoop illustre bien cette diversité. Fondé par les communes de Mana, Macouria, Maripasoula et Sinnamary, rejointes depuis par Cayenne, ce RRMA rassemble associations, institutions et jeunesse guyanaise autour d’un même objectif : construire une coopération concrète et durable.
Ses rencontres CaféCoop en offrent une bonne illustration. Ce format d’échange, qui se veut régulier, rapproche les porteurs de projets locaux. Il structure les initiatives naissantes. Surtout, il fait émerger des partenariats à fort impact. Autrement dit, le RRMA agit ici comme un pont intra-territorial et relie d’abord les acteurs guyanais entre eux.
Le rôle de pont ne s’arrête pas aux frontières régionales. Un RRMA relaie aussi son territoire vers l’extérieur, en facilitant des partenariats directs entre collectivités. Guyacoop en offre un exemple concret et daté.
Le 18 février 2025, le réseau signe une convention-cadre de coopération décentralisée avec l’Association des Communes de l’Atlantique et du Littoral (ACAL), au Bénin. Prévu pour trois ans, cet accord structure un partenariat entre collectivités guyanaises et béninoises autour du développement territorial. Il s’inscrit dans une dynamique plus ancienne, portée depuis plusieurs années par des communes comme Macouria, Mana, Sinnamary et Maripasoula, qui multiplient les échanges avec des villes béninoises.
Ainsi, le RRMA ne se contente pas d’animer un territoire. Il ouvre, en tant que réseau, des portes concrètes vers d’autres continents.
Les dix-sept Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations unies paraissent parfois lointains. Les RRMA les rendent concrets. Chaque réseau anime des groupes de travail thématiques qui traduisent ces objectifs à l’échelle de son territoire.
En Guyane, un groupe dédié à la jeunesse et à la mobilité travaille par exemple sur les dispositifs d’échange international, en écho à l’ODD 4 (éducation de qualité) et à l’ODD 17 (partenariats). D’autres groupes, ailleurs dans le réseau des RRMA, portent sur l’environnement et l’eau. Cette approche par les ODD ne se limite pas à un seul réseau. Elle structure l’ensemble de la famille des RRMA, notamment à travers des projets communs comme RECITAL ODD, porté collectivement par plusieurs réseaux régionaux et suivi par un baromètre publié par la CIRRMA.
Si les RRMA existent en métropole depuis les années 1990, leur implantation ultramarine reste plus récente. Quatre réseaux structurent aujourd’hui l’outre‑mer français.
Premier RRMA d’outre‑mer, Karib Horizon voit le jour en octobre 2018 à Baie‑Mahault. Il rayonne sur la Guadeloupe et l’ensemble de la grande Caraïbe, du Mexique au Venezuela, avec une attention particulière portée au plateau des Guyanes.
Officiellement lancé les 19 et 20 juin 2025 à Cayenne, Guyacoop réunit les communes fondatrices de Mana, Macouria, Maripasoula et Sinnamary. L’Association des Maires de Guyane a porté cette dynamique, avec le soutien de la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG).
Synergies et Horizons d’Acteurs Mayotte, ou SHAMA, structure la coopération mahoraise dans l’océan Indien.
Vivre les Échanges et les Liens avec l’International, ou VÉLI, est le RRMA le plus récent de la famille. Créé en 2026, il vient compléter la présence des RRMA dans l’océan Indien aux côtés de SHAMA.
Ces quatre réseaux partagent une même appartenance à la CIRRMA, aux côtés des douze autres RRMA de l’Hexagone. Ensemble, ils dessinent une nouvelle géographie de la coopération française, ancrée dans les bassins caribéen, amazonien et indianocéanique.
Les RRMA ne sont donc pas de simples guichets administratifs. Ils forment un maillage vivant. Chaque territoire ultramarin y trouve un point d’appui pour son ouverture internationale.
Pour un acteur guyanais en recherche de partenaires, de financements ou de mise en réseau, se rapprocher d’un RRMA comme Guyacoop constitue souvent une première étape des plus utiles.
La Guyane s’engage sur la scène mondiale. Guyacoop, Réseau Régional Multi-Acteurs reconnu par l’État français, réunit les forces vives du territoire, communes, associations, jeunes, institutions, pour construire une coopération internationale concrète, équitable et durable.
Guyane française,
L’Accordeur – 1, rue Roland Barrat 97300 Cayenne
Mail : direction@guyacoop.fr