Environnement & Eau

La Guyane occupe une place à part en Amazonie. Elle est la seule région amazonienne intégrée à l’Union européenne. Elle partage les bassins versants du Maroni et de l’Oyapock avec le Suriname et le Brésil. Cependant, cette position reste encore peu exploitée.

Sept communes du territoire ne sont pas desservies par la route. Ainsi, 27 000 habitants, soit près d’un Guyanais sur dix, dépendent directement du fleuve pour accéder à l’eau. Par ailleurs, selon un chiffre cité par la Collectivité Territoriale de Guyane lors de la table ronde de lancement, 15 % de la population guyanaise, soit environ 30 000 personnes en zone périurbaine ou en site isolé, ne sont toujours pas raccordés à un réseau d’eau potable. Cette réalité motive la mise en place du groupe thématique dédié à l’environnement et à l’eau.

Un diagnostic partagé entre les acteurs

Les échanges menés en amont du lancement ont fait émerger un constat commun. De nombreuses structures s’engagent sur les sujets de l’eau et de l’environnement en Guyane. Toutefois, elles se connaissent peu et travaillent souvent de façon isolée. Par ailleurs, le territoire dispose d’un savoir traditionnel et d’une recherche scientifique riches, mais ces ressources restent insuffisamment mobilisées dans la conception des projets.

La coopération régionale a longtemps reposé sur des relations personnelles entre chercheurs, plutôt que sur des engagements institutionnels durables. Ainsi, certains projets prometteurs s’arrêtent net dès qu’un financement prend fin ou qu’un porteur change de poste. Ce diagnostic a directement motivé la création du groupe.

Un moment fondateur : l’atelier de lancement du 4 septembre 2026

Le vendredi 4 septembre 2026, à L’Accordeur à Cayenne, une trentaine de structures se sont réunies en présentiel et à distance pour lancer officiellement le groupe. La matinée s’est organisée en quatre temps forts :

  • une table ronde institutionnelle sur la coopération internationale au service de l’eau et de l’environnement ;
  • la présentation de la note d’orientation ;
  • un vote sur les thématiques prioritaires ;
  • et la constitution d’un binôme d’animation.

La table ronde a réuni la Collectivité Territoriale de Guyane et NatureRights Guyane. Les échanges ont mis en lumière des réussites – comme le programme transfrontalier Bio-Plateaux sur la gestion de l’eau entre la Guyane, le Suriname et le Brésil, engagé dans la durée depuis 2022. Ils ont aussi révélé des freins récurrents. La lenteur administrative des conventions transfrontalières et l’absence de rémunération du travail préparatoire de montage de projet en sont quelques uns. Malgré ces obstacles, plusieurs participants ont partagé des expériences positives, à l’image d’un projet d’utilité publique de 30 000 euros rendu possible par une coopération avec la Colombie, le Venezuela et le Brésil.

Trois orientations pour structurer l’action

À l’issue de cette première rencontre, le groupe s’est doté d’une feuille de route claire, articulée autour de trois orientations complémentaires.

1. Construire une connaissance mutuelle entre acteurs

Cette première orientation conditionne tout le reste. Un groupe dont les membres ne se connaissent pas ne peut produire que des livrables de commande, jamais des ressources qui transforment réellement les pratiques.

2. Capitaliser les expériences de coopération

Le territoire a déjà mené des coopérations transfrontalières sur l’eau et l’environnement. Toutefois, ces expériences restent dispersées et peu documentées. Le groupe entend donc les rassembler et les rendre accessibles à tous.

3. Co-construire et co-porter des projets

Enfin, le groupe ne veut pas rester un simple lieu d’échange. Il ambitionne de devenir un espace producteur d’idées et de ressources concrètes, directement mobilisables dans des dossiers de financement.

Trois thématiques prioritaires pour le premier cycle

Douze thématiques indicatives, réparties en quatre familles, ont été soumises au vote en amont de la réunion. Les participants, répartis en trois sous-groupes, ont ensuite sélectionné puis départagé ces pistes en plénière. Trois thématiques ont ainsi été retenues pour guider les travaux du premier cycle, jusqu’en mai 2027.

  • Justice environnementale : orpaillage et mercure. L’accès à l’eau, autre thématique proposée dans cette famille, restera présent en filigrane des travaux.
  • Biomimétisme, bioéconomie et solutions fondées sur la nature. Cette reformulation a été préférée à une proposition centrée sur la biodiversité et les espaces naturels transfrontaliers.
  • Savoirs autochtones, locaux et coutumiers dans la gestion de l’eau. Initialement centrée sur l’eau, cette thématique a été élargie par le groupe à l’agronomie et à l’inclusion des communautés autochtones dans les décisions.

Les participants ont par ailleurs écarté le financement de la coopération comme thématique autonome, jugeant ce sujet transversal à l’ensemble des travaux plutôt que réservé à un seul groupe de production.

Un calendrier sur cinq ateliers, jusqu’en mai 2027

Le groupe a fixé quatre priorités pour son premier cycle. Il s’agit d’abord de poser les bases collectives – ce qui a été fait lors de l’atelier de lancement. Vient ensuite la production d’un guide pratique de dix pages sur la coopération transfrontalière eau-environnement. Le groupe prévoit également de réaliser trois productions co-construites, une par thématique retenue. Enfin, une restitution publique clôturera le cycle en mai 2027.

Cinq ateliers bimestriels rythmeront cette première année de travail :

  • Atelier 1 – novembre 2026 : connaissance mutuelle, cartographie des acteurs, lancement du guide pratique.
  • Atelier 2 – janvier 2027 : première production thématique et bilan à mi-parcours.
  • Atelier 3 – mars 2027 : deuxième production thématique.
  • Atelier 4 – mai 2027 : troisième production, restitution publique et bilan annuel.

Une gouvernance partagée entre les membres

Le groupe appartient avant tout aux acteurs qui le composent, et non au Réseau Guyacoop. Le réseau crée l’espace de travail et anime la première séance, mais il ne finance pas les activités. Chaque projet se monte à plusieurs, entre membres intéressés, selon les opportunités identifiées.

Un animateur et une rapporteuse, désignés parmi les volontaires, préparent et documentent chaque atelier avec l’appui de Guyacoop. Les décisions stratégiques se votent en plénière, à la majorité simple, avec un quorum de 50 % requis. Pour ce premier cycle, Aurélien Gillard, de la Préfecture de Guyane, assure l’animation du groupe. Audrey Thaunay, du programme Savoirs de la Forêt porté par NatureRights Guyane, en est la rapporteuse.

Ce que les membres y gagnent

Rejoindre le groupe donne accès, dès le premier atelier, à une cartographie des acteurs de l’eau et de l’environnement en Guyane. S’y ajoutent les formations proposées par le réseau et les ressources co-construites au fil des ateliers, mobilisables ensuite dans des dossiers de financement.

Ces bénéfices immédiats s’inscrivent dans un cap de long terme, fixé par la convention signée entre le Réseau Guyacoop et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères :

  • rendre les acteurs guyanais autonomes pour concevoir, financer et piloter seuls un projet de coopération ;
  • consolider des partenariats durables avec le Suriname, le Brésil et la Caraïbe ;
  • renforcer la visibilité de la Guyane comme interface amazonienne et caribéenne.

Une dynamique tournée vers l’action collective

Avec le lancement du groupe « Environnement & Eau », le Réseau Guyacoop confirme sa volonté de structurer la coopération internationale autour d’enjeux concrets et partagés par le territoire. En réunissant collectivités, chercheurs, associations, opérateurs techniques et autorités coutumières autour d’une même table, le groupe entend transformer une richesse en eau parmi les plus importantes au monde en un véritable levier de développement, coopératif, durable et ancré dans les réalités guyanaises.

Réseau Guyacoop

La Guyane s’engage sur la scène mondiale. Guyacoop, Réseau Régional Multi-Acteurs reconnu par l’État français, réunit les forces vives du territoire, communes, associations, jeunes, institutions, pour construire une coopération internationale concrète, équitable et durable.

Informations pratiques

Guyane française,

L’Accordeur – 1, rue Roland Barrat 97300 Cayenne

Mail : direction@guyacoop.fr

 

logo de la préfecture de Guyane
logo de France volontaires
logo de la CTG collectivité territoriale de Guyane