Programme CERV en Guyane

Le programme européen CERV – Citoyens, Égalité, Droits et Valeurs – est l’un des dispositifs de financement les plus accessibles de l’Union européenne. Pourtant, il reste peu connu en Guyane. Nous rassemblons ici les informations essentielles pour tout acteur guyanais souhaitant comprendre le programme et envisager une candidature.

Ces informations sont issues, entre autres sources, du webinaire organisé le 23 juin 2026 par le réseau Guyacoop Internationale.

Qu’est-ce que le programme CERV ?

Le programme CERV a été lancé en 2021 par la Commission européenne. Il court jusqu’en 2027. Son budget total s’élève à 1,55 milliard d’euros. Il finance des projets autour de quatre grands domaines : les valeurs de l’Union européenne, l’égalité et la lutte contre les discriminations, la participation citoyenne, et la lutte contre les violences.

Ce programme s’adresse aux associations, aux collectivités territoriales, aux universités et, plus largement, à toute structure à but non lucratif. Il encourage les projets transnationaux, c’est-à-dire les projets menés avec au moins une structure partenaire dans un autre pays de l’Union européenne.

Enfin, il faut le noter dès maintenant que le programme CERV connaît son épilogue en 2027, pour ce qui est de l’ensemble des informations disponibles à ce jour. À partir de 2028, il sera vraisemblablement fusionné avec le programme Europe Créative dans un nouveau cadre budgétaire européen. Il reste donc du temps pour candidater, mais ce temps est limité.

Le point de contact français : une ressource clé pour les acteurs guyanais

En France, le programme CERV dispose d’un point de contact national : le CIDEM. Cette association a été désignée dès 2021 pour faire le lien entre la Commission européenne et les structures françaises.

Concrètement, le CIDEM remplit plusieurs fonctions utiles. D’abord, il traduit et explique les appels à projets en français. Ensuite, il accompagne les porteurs de projet dans le montage de leur dossier. Il peut également relire les dossiers avant dépôt. Par ailleurs, il met en relation des structures travaillant sur les mêmes thématiques dans différents pays européens. Enfin, il propose des tutoriels et des ressources pratiques pour faciliter l’accès au programme.

Les plateformes de candidature sont en anglais. Le CIDEM prépare donc les structures françaises en amont, avant qu’elles accèdent à ces outils. C’est un accompagnement gratuit et directement accessible depuis la Guyane.

Pour contacter le point de contact français : cerve@rem.org. Le CIDEM est également présent sur LinkedIn.

Les territoires ultramarins peuvent-ils bénéficier du programme CERV ?

Oui, clairement. Des structures de La Réunion, de Guadeloupe et de Martinique ont déjà déposé des dossiers et ont parfois été sélectionnées. Le point de contact français a d’ailleurs mené des sessions d’information spécifiques dans ces territoires. La Guyane peut donc s’inscrire dans cette dynamique.

La question de la recherche de partenaires européens depuis l’outre-mer revient souvent. Le CIDEM dispose de plateformes dédiées à cet effet. Ces outils permettent de se faire contacter par des structures intéressées par les mêmes thématiques, ou de contacter soi-même des organisations européennes. Chaque partenaire met ensuite en place ses activités sur son propre territoire. Un événement commun de rencontre, physique ou virtuel, vient conclure ou ponctuer le projet. C’est ce qui constitue, au fond, la dimension européenne d’un projet CERV.

Les quatre volets du programme CERV

Chaque volet correspond à un ensemble d’appels à projets spécifiques. Voici les principales opportunités pour les acteurs guyanais.

Volet 1 : Valeurs de l’Union européenne

Ce premier volet finance des projets qui protègent et promeuvent les valeurs fondatrices de l’Union européenne : démocratie, état de droit, droits fondamentaux, transparence et bonne gouvernance. Il concerne en priorité les organisations de la société civile actives dans ces domaines. Trois types d’actions structurent ce volet.

D’abord, un appel destiné aux organisations intermédiaires capables de redistribuer des fonds à d’autres structures locales, notamment les plus petites et les plus isolées. Les subventions vont de 2,5 à 6 millions d’euros sur 36 à 48 mois. Ensuite, des accords-cadres de partenariat de trois ans s’adressent aux réseaux européens formels présents dans au moins 14 États membres.

Enfin, un troisième appel soutient la mise en œuvre concrète de la Charte des droits fondamentaux. Il est ouvert aux associations, aux collectivités et aux institutions de défense des droits.

Les subventions démarrent à 75 000 euros, pour des projets de 12 à 24 mois. Deux priorités guident cet appel : sensibiliser aux droits fondamentaux inscrits dans la Charte, et renforcer la résilience des organisations civiles face aux pressions juridiques, numériques ou administratives. Ce volet est donc moins accessible aux structures débutantes.

En revanche, il constitue une opportunité réelle pour les organisations guyanaises déjà expérimentées dans le plaidoyer, la défense des droits ou l’accompagnement de populations vulnérables.

Volet 2 : lutte contre les discriminations et égalité de genre

Ce volet finance des projets autour de six priorités : la lutte contre le racisme — y compris l’antitsiganisme, le racisme antinoir et anti-asiatique —, la lutte contre l’antisémitisme, la lutte contre la haine antimusulmane, l’inclusion et la diversité en milieu professionnel, les discriminations LGBTQIA+, et les projets portés par des autorités publiques sur plusieurs formes de discrimination à la fois.

Un appel spécifique porte sur l’égalité de genre. Il couvre notamment la transparence des rémunérations, l’équilibre vie professionnelle et vie privée, la représentation des femmes dans les postes à responsabilité, et la lutte contre les stéréotypes de genre dans les médias.

Ces appels sont en général ouverts à deux structures minimum, avec un partenaire européen recommandé. Les subventions démarrent à 100 000 euros. La durée des projets varie de 12 à 24 mois.

Important : la plupart des appels de ce volet prévoient un préfinancement. Cela signifie qu’une grande partie de la subvention est versée avant le démarrage des activités. C’est un avantage considérable par rapport à d’autres programmes européens, qui remboursent les dépenses après coup.

Volet 3 : engagement et participation des citoyens

Ce volet comprend plusieurs appels. L’un porte sur les questions mémorielles : transition démocratique, mémoire de la Shoah, génocides et crimes de guerre, mais aussi migration, décolonisation, esclavage et société européenne multiculturelle. Cet appel est ouvert jusqu’au 7 octobre 2026. Les subventions démarrent à 50 000 euros.

Un autre appel concerne la participation démocratique. Il couvre les processus électoraux, l’engagement des citoyens dans les politiques publiques, et la lutte contre la désinformation. Cet appel prévoit des sous-priorités distinctes selon que le porteur est une organisation de la société civile ou une autorité publique. Les subventions démarrent à 75 000 euros.

Par ailleurs, un appel dédié aux droits et à la participation des enfants est prévu pour 2027. Il portera sur le numérique, l’engagement civique des jeunes, et l’intégration des droits de l’enfant au niveau local. Les subventions y démarrent à 200 000 euros.

Jumelages de villes – l’appel le plus accessible

L’appel sur les jumelages de villes est actuellement ouvert. La clôture est fixée à fin septembre 2026. C’est, selon le point de contact français, l’appel le plus accessible du programme CERV.

Plusieurs caractéristiques en font un point d’entrée idéal pour les acteurs guyanais. D’abord, les projets sont courts : de 6 à 12 mois. Ensuite, les subventions vont de 8 000 à 50 000 euros. Surtout, le fonctionnement est entièrement forfaitaire : il n’y a pas de budget détaillé à produire lors du dépôt, ni de factures à justifier en fin de projet. C’est la procédure la plus simplifiée qui existe au niveau des financements européens.

À noter également : cet appel n’est pas réservé aux seules collectivités. Une association représentant une ville ou une municipalité peut aussi candidater. De plus, les villes et organisations participantes n’ont pas besoin d’être déjà officiellement jumelées. Il suffit de prévoir un échange citoyen concret avec une structure partenaire dans un pays éligible.

Les thématiques sont larges. Le projet doit traiter de sujets transversaux au programme – participation citoyenne, diversité, mémoire européenne, lutte contre les discriminations – à travers des échanges entre les habitants des deux territoires partenaires.

Un deuxième appel, celui des réseaux de villes, suit la même logique mais à plus grande échelle. Il s’adresse à des consortiums d’au moins quatre structures, avec des subventions à partir de 100 000 euros et des projets de 12 à 24 mois. Cet appel était clos pour 2026.

Volet 4 : lutte contre les violences – le volet Daphné

Ce volet est directement issu du programme historique Daphné, créé dans les années 1990. Il finance des projets de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes, aux enfants et aux personnes vulnérables. En 2026, cet appel est attendu très prochainement.

Il comprend quatre priorités. La première concerne des projets à grande échelle avec redistribution de fonds, destinés à de grands réseaux européens expérimentés. Les trois autres sont plus accessibles : le soutien et la protection des victimes de violences fondées sur le genre et de violences domestiques, la cyberviolence, et la protection de l’enfance dans la pratique.

Les subventions démarrent à 100 000 euros. Les projets durent de 12 à 24 mois. Deux structures minimum sont requises. Un préfinancement est prévu.

Comment fonctionne la sélection des dossiers ?

La sélection repose sur un système de notation sur 100 points. Il faut obtenir au minimum 70 points pour être éligible. Cependant, atteindre ce seuil ne garantit pas le financement. Les dossiers sont classés par ordre de mérite. Seuls les mieux notés sont financés, jusqu’à épuisement de l’enveloppe budgétaire disponible. La qualité du dossier est donc déterminante.

Des critères de capacité financière et opérationnelle sont également vérifiés. Il est conseillé de préparer ces éléments en amont, avec l’aide du CIDEM si nécessaire.

Côté calendrier, il faut compter environ dix mois entre la publication d’un appel et le démarrage effectif des activités. Les résultats de sélection sont communiqués dans un délai de 3 à 4 mois après la clôture de chaque appel. Mieux vaut donc anticiper.

Appels encore ouverts en 2026

À la date du webinaire du 23 juin 2026, trois appels étaient encore ouverts :

  • Jumelages de villes — clôture fin septembre 2026
  • Questions mémorielles — clôture le 7 octobre 2026
  • Lutte contre les violences (volet Daphné) — publication imminente

D’autres appels seront publiés en 2027, notamment autour de l’égalité de genre, de la lutte contre les discriminations, et des droits de l’enfant.

Comment candidater depuis la Guyane ?

Toutes les candidatures sont déposées sur la plateforme en ligne de la Commission européenne. La plateforme est en anglais. Le CIDEM accompagne les structures françaises, y compris ultramarines, en amont de cette étape.

La démarche recommandée est la suivante. D’abord, consulter le site du CIDEM pour accéder aux traductions et aux ressources en français. Ensuite, contacter le point de contact pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé. Puis identifier un partenaire européen via les plateformes dédiées. Enfin, soumettre le dossier sur la plateforme de la Commission avant la date de clôture.

Le réseau Guyacoop Internationale reste disponible pour orienter les acteurs guyanais vers les bons interlocuteurs et relayer les prochains appels à projets dès leur publication.

Réseau Guyacoop

La Guyane s’engage sur la scène mondiale. Guyacoop, Réseau Régional Multi-Acteurs reconnu par l’État français, réunit les forces vives du territoire, communes, associations, jeunes, institutions, pour construire une coopération internationale concrète, équitable et durable.

Informations pratiques

Guyane française,

L’Accordeur – 1, rue Roland Barrat 97300 Cayenne

Mail : direction@guyacoop.fr

 

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